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Les premières lueurs du jour éclairaient
à peine les vastes plaines qui, pendant des générations, avaient servi de
champs de culture. Mais déjà au loin pouvaient on entendre le grondement
sourd des chevaux au galop.
Une bataille allait commencer.
Les deux camps ne se connaissaient que trop bien. Depuis les temps immémoriaux
de la création du monde, déjà ils s’affrontaient pour obtenir la suprématie
sur l’Empire. Chacun des camps avait obtenu un jour un pouvoir partiel,
qui avait encore aiguisé sa soif de suprématie. Mais, comme toujours, l’équilibre
revenait et les armes s’entrechoquaient sur des terres qui devenaient stériles
par l’amoncellement des cadavres.
Venant de l’est, les forces sombres étaient représentées par des seigneurs
avides de richesses, guerroyant en quête de terres et de vaines gloires.
A eux s’étaient alliés toutes les forces obscures et démoniaques que cette
terre n’ai jamais portée. Personne dans les rangs de cette armée n’éprouvait
de quelconques remords à tuer, piller, incendier, ou encore saccager, dans
les villes et villages qui avaient le tort de se trouver sur leur passage.
Leurs troupes, aussi hétéroclites que barbares, étaient si efficaces que
leur simple évocation faisait trembler d’effroi quiconque avait déjà combattu
contre elles, et avait eu la chance de s’en sortir vivant.
A l’ouest, face à ces hordes sanguinaires, se tenaient les victimes de leur
folie meurtrière, et qui, au nom d’un certain code d’honneur, défendaient
leurs biens et leurs familles. Il s’agissait pour la plupart de seigneur
pacifiques, marchands, protecteurs, ou encore pauvres gens, n’ayant d’autres
ambitions que de faire prospérer leurs peuples. S’étaient joints à ces hommes
de nombreux elfes et un certain nombre de créatures des forêts. On pouvait
ainsi reconnaître des faunes ou encore des dryades excédés par le viol quotidien
de leur chère forêt.
On pourrait croire que cette troupe serait balayée en quelque instant par
les hordes furieuses arrivant à leur rencontre, mais il ne faut pas sous
estimer la puissance d’un être qui lutte pour sa survie. Les ennemis se
rapprochaient l’un de l’autre, ils commençaient à se dévisager et à juger
des forces de chacun, mais il semblait bien difficile de pronostiquer quoique
ce soit. Les deux camps étaient équilibrés et le spectateur avertis n’aurait
put deviner lequel allait l’emporter. L’issue de la bataille était plus
qu’incertaine.
Les roulements des tambours résonnaient dans la vallée qui allait être le
lieu de l’une des plus grandes batailles jamais menées. Les cris des seigneurs
de guerre retentissaient de plus belle, exhortant les troupes au combat.
Les premiers ordres furent lancés et la bataille fut engagée.
Les flèches volèrent en tous sens, fauchant dans la force de l'âge de nombreux
soldats. Les courageux qui formaient les premières lignes voyaient le corps
de leurs cadavres piétinés par l’avancée de leurs propres frères d’arme.
Le choc entre les deux groupes fut rude. Dans une frénésie inégalée, de
nombreuses têtes furent tranchées, des membres furent sectionnés, des corps
transpercés de toute part. Un véritable massacre dont aucun des participants
n’avait réellement conscience. Il faudrait attendre la fin de la bataille
pour pouvoir se rendre compte des atrocités commises.
Plusieurs heures s’écoulèrent et les cadavres s’empilaient. Cependant, aucun
camp ne prenait l’avantage, et la tuerie se poursuivait allègrement… Jusqu'à
ce qu’un événement plus qu’inattendu ne se produise.
Au loin, par le nord, on pouvait distinguer un nuage de poussière inquiétant.
Une troisième armée approchait !
On distinguait maintenant les soldats la composant. Il s’agissait de cavaliers.
Ceux-ci étaient vêtus de peaux de bêtes. Leurs visages étaient dissimulés
par d’opaques voilages. Cela ne faisait aucun doute, il s’agissait là de
brigands venus assister leurs comparses.
A la vue de cette troisième force providentielle, les forces chaotiques
s’enhardirent et redoublèrent de hargne et de férocité. En revanche, la
vaillance et le courage firent place à la peur et au doute dans le cœur
des seigneurs qui luttaient pour le bien de leurs peuples. Ils sentaient
la défaite approcher. Pis, dans les rangs de cette troisième force, certains
reconnurent un frère ou un cousin, personnes qu’ils croyaient défendre et
contre lesquelles ils devaient croiser le fer.
La troisième force s’inséra dans la bataille, mais, contre toute attente,
ce ne furent pas les armées du bien qu’ils attaquèrent. La charge fut portée
à l’encontre des hordes maléfiques ! Celles-ci étaient complètement débordées.
Prises sur deux flancs, et surprises de surcroît, leur organisation ne tarda
pas à céder, et, bientôt, la retraite fut sonnée. Cependant, les mystérieux
cavaliers pourchassèrent leurs ennemis fuyant qu’ils achevèrent les uns
après les autres, impitoyablement. Il ne fut pas fait de prisonniers.
L’un des responsables des honnêtes gens s’approcha de l’homme qui semblait
commander à cette puissance inconnue dans le but de le remercier. Mais ce
dernier ne répondit pas. D’un geste du bras il ordonna a ses hommes de le
suivre. Scandant le mot « Arachna », ceux-ci disparurent au galop dans la
montage.
Ce n’était pas une victoire pour les forces pacifiques, car trop des leurs
étaient tombés sur le champ d’honneur, mais on assistait là à la création
d’une troisième force sur laquelle il fallait désormais compter. Ce nouveau
camp était principalement composé d’anciens seigneurs pacifiques las des
attaques répétées des hordes barbares. Ils avaient décidé de changer radicalement
de stratégie. Ils avaient décidé de changer de vie. Ils avaient décidé de
combattre le mal, par un autre mal, afin que sonne un jour la défaite des
forces obscures.
Aussi étaient ils devenus des pillards, mais ne pillaient ils que d’autres
pillards, ne tuant que ces barbares. En revanche respectaient ils leur anciens
amis.
Ce nouveau regroupement de seigneurs avait un nom : L’Arachna
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